HONcode application status

prochaine mise à jour : alerte RSS

cliquez ici pour vous abonner au fil rss

Noix de cola (Cola acuminata et Cola nitida)

MISE À JOUR LE 13 Juillet 2009
 

Noms africains. Bambara, hausa ; peuhl : goro ; yoruba : goro, obi gbanja ; malinké : gouro

 La noix de cola provient du colatier ou kolatier, un arbre originaire des forêts humides de l’Afrique de l’Ouest. L’arbre pousse le plus souvent de manière spontanée, mais certaines espèces sont cultivées et ont été introduites en Amérique Latine, en Asie et en Australie.

 

Chez les africains, la noix de cola a une valeur hautement symbolique dans les pratiques religieuses, dans le domaine, social, de la santé et de la sexualité, ces dernières étant dues à la composition chimique de la noix de cola (caféine, théobromine, théophylline et tanins).
Depuis des siècles, cette noix fait l’objet d’un commerce important entre l’Afrique soudanienne et l’Afrique sahélienne. Elle a même servi d’unité de compte au Moyen-Âge, au même titre que l’or, le sel et les perles.

La noix de cola dispose d’un large éventail de significations dans les sociétés de l’Afrique de l’Ouest. Grâce à ses vertus multiples, elle est perçue comme une « noix bénie » procurant de nombreux bienfaits d’ordre matériel et spirituel. Son ancrage dans les habitudes quotidiennes est très profond. Sa présence salvatrice pénètre dans tous les méandres de la vie sociale dans toutes les couches de la population.

 

Significations sociales de la noix de cola.

 La noix de cola est omniprésente dans la vie quotidienne et elle est le symbole d’hospitalité, de d’amitié, de partage, de respect, de solidarité et de sociabilité. Dans la plupart des ethnies, aucune fête ou cérémonie n’est concevable sans distribution de noix de cola aux invités. Le partage de la noix de cola peut ne pas être dissocié de rassemblements des membres d’une famille, fiançailles, mariage, naissance, funérailles, retrouvailles, etc. Au Bénin et au Cameroun, après avoir servi de l’eau à boire au visiteur, on lui offre des noix de cola en signe de bienvenue, d’acceptation.

 

La noix de cola sert aussi de moyen de communication symbolique entre deux groupes. En Côte d’Ivoire, en Guinée et au Sénégal, lorsqu’un homme veut solliciter la main d’une femme, il commence d’abord par envoyer une certaine quantité de noix de cola à la famille pour s’annoncer et dévoiler son intention ; la réponse lui sera retournée également au travers des noix de cola : elle est positive si la noix de cola retournée est de couleur blanche et négative si la noix de cola est de couleur rouge. D’autres quantités de noix de cola seront offertes par la suite.
Au Niger, les invités se sentent insultés si lors d’une fête, la distribution de noix de cola n’est pas importante ; de leur côté, ceux qui invitent ressentent cela comme une forme de déchéance sociale.
En Guinée, on ne rend pas visite à une personne digne de confiance sans la noix de cola.
Au Mali, au mois d’octobre, mois de la solidarité, les dignitaires rendent visite aux personnes âgées pour leur offrir des cadeaux, des noix de cola et de l’argent dans le but de perpétuer la tradition du respect du à l’âge ainsi que l’esprit de solidarité et du partage qui jouent un grand rôle dans l’équilibre social. Dans tout le Golfe de Guinée, refuser d’offrir une noix de cola ou de la recevoir est signe de rancune ou de conflit.

 

La noix de cola remplit également des fonctions sociales importantes situées le long des côtes de l’Afrique centrale, mais moins que dans le Golfe de Guinée. Elle a toujours été ici un produit quelque peu « confidentiel ». Elle intervient souvent comme un élément de la dot destiné aux anciens de la belle-famille. Chez les Mbuza de la République Démocratique du Congo, on ne peut aller sans noix de cola au deuil d’une personne qui en croquait souvent : c’est la meilleure façon de communiquer avec lui et de lui rendre hommage.
La noix de cola peut être d’un partage restreint entre hommes ayant l’habitude de se réunir autour d’un verre. La noix est ici entourée d’une sorte de mystère et sa distribution est ritualisée : celui qui la détient la cache sous la paume de la main, il se débrouille pour arracher imperceptiblement un morceau qu’il jettera aussitôt dans sa bouche pour la mâcher ; puis, faisant semblant de serrer la main de son voisin, il lui passe le reste de la noix qui se servira à son tour de façon furtive. En fait, c’est l’aspect « aphrodisiaque » qui est ici privilégié et en même temps mythifié ; en milieu rural, le produit circule discrètement entre producteurs et consommateurs.

 

 

Les cola acuminata et nitida sont des arbres de la famille des Sterculiacées ou des Malvacées et on dénombre environ 140 espèces de colatiers dans le monde. Il s'agit d'une plante à feuilles persistantes, d'environ 10 m de haut et dont les graines sont portées dans des sortes de gousses. Ces graines, appelées noix de cola, sont longues d'environ 2,5 cm, de couleur marron à gris rougeâtre et ont une saveur de muscade. Deux arbres ont une grande importance en Afrique, le colatier acuminata et le colatier nitida. L’espèce acuminata donne la noix cola acuminata ou petit cola de couleur brune à un cotylédon et à un noyau blanchâtre. Le colatier nitida produit la noix de cola nitida ou grand cola, ayant deux cotylédons ; sa couleur varie du blanc jaunâtre au rouge. Les noix de cola fraîches possèdent un goût amer au début mais délicieux à la fin, mais plus âgées, elles sont légèrement aromatiques.

 


Utilisations de la noix de cola.

L’usage traditionnel.

La noix de cola est avant tout un aliment et pour certains, un aliment qui exige d’être « mangé en partenariat ». Or, manger en groupe est dans toutes les sociétés une activité hautement sociale, un échange, un contrat social, un langage d’hospitalité et de partage. En Afrique et depuis des siècles, la chair ferme et élastique de la noix de cola est partagée et consommée au quotidien, ainsi que dans les grandes occasions. C’est pour tirer partie de ses propriétés stimulantes et de son usage de socialisation. En effet, on reconnaît à cette noix la faculté de procurer des effets puissants et remarquables sur les muscles et le système nerveux. Croquée ou mâchée, la noix fraîche aide à soutenir des efforts prolongés et à apaiser la faim. Dans le Golfe de Guinée, les personnes âgées la croquent d’habitude dès qu’elles ont fini le repas, pour éliminer la nausée et faciliter la digestion. Les étudiants la mâchent beaucoup durant la période d’examen. Dans l’Ouest de L’Afrique Centrale par contre, la consommation du grand cola (cola nitida) comme aliment ou friandise est intermittente et est une affaire d’adulte, d’hommes en priorité (elle accompagne surtout et discrètement la consommation de boissons alcoolisées et les incantations magiques).

 

Les significations par rapport à la sexualité.

Aux yeux des Africains, la noix de cola évoque aussi la sexualité dans la mesure où elle possède aussi des vertus qui stimulent l’appétit sexuel, chez les hommes surtout, qui la considère comme aphrodisiaque. Cette propriété se concentrerait surtout dans le petit cola (cola acuminata) qui est peu consommé. En maintenant éveillé et en accroissant l’endurance physique grâce à sa richesse en méthylxanthines (caféine, théophylline, théobromine), cette noix est censée tonifier la virilité et redonner de la vigueur aux hommes sur le déclin. Sa consommation constitue dès lors une préparation à l’acte sexuel ; il n’est pas rare que la femme avertie en offre à l’homme dans ce but. Les Dioula de la Côte d’Ivoire organisent à l’aide des noix de cola des rituels destinés à consolider les relations de couple : le jour du mariage, on enroule dans un pagne blanc deux tranches de cola (une rouge et une blanche) représentant les deux fiancés, on pose les mains dessus et on fait des incantations ; le mariage est ainsi rendu indissoluble et ne pourra être rompu qu’avec l’accord des deux parties en présence.

 

Les utilisations médicinales.

La pharmacopée traditionnelle utilise la noix de cola comme médicament dans toute l’Afrique Occidentale, tirant ainsi profit de ses vertus curatives et tonifiantes. La noix est croquée ou concassée et macérée dans une boisson. Le thérapeute fait parfois des incisions sur la peau du patient sur lesquelles il applique la noix de cola. Sous forme interne, les maladies soignées sont nombreuses et variables selon les régions, affection pulmonaire, fatigue physique ou intellectuelle, hypotension, insuffisance cardiaque, manque d’appétit sexuel, etc. En République Démocratique du Congo, les Ding utilise le petit cola (cola acuminata) comme antiseptique et cicatrisant.

 

Les noix de cola comportent comme principaux constituants, des méthylxanthines (caféine, théophylline ou kolatine, théobromine), des tanins, de l’amidon et des sucres. La caféine est un stimulant du système nerveux central et des centres respiratoires. Elle peut entraîner une vasoconstriction des vaisseaux cérébraux. Elle présente des effets au niveau des systèmes cardiovasculaire, respiratoire et gastro-intestinal. De plus, elle agit au niveau des muscles squelettiques, du flux sanguin rénal, de la glycogénolyse et de la lipolyse.
La théophylline est broncho-dilatatrice. Elle favorise aussi la relaxation des muscles lisses des voies urinaires et biliaires et du sphincter inférieur de l'oesophage ; elle stimule le système nerveux central, est psychostimulante et convulsivante à hautes doses ; elle favorise la vasodilatation coronarienne avec stimulation cardiaque et donc augmentation des besoins en oxygène du cœur (coronarodilatateur dit malin) ; elle est aussi diurétique.
La théobromine est diurétique et vasodilatatrice des artères coronaires.

 

Les sujets avec des problèmes médicaux doivent consulter leur médecin particulièrement s’ils prennent des médicaments. Il en est de même pour les femmes enceintes et les enfants.


Les utilisations spirituelles.

Dans le Golfe de Guinée, l’usage de la noix de cola est accepté, même là où le christianisme et l’islam ont supplanté l’animisme. La diffusion de cette noix était autrefois fondée sur l’idée qu’elle était la « noix du prophète Mahomet » et que sa consommation favorisait l’entrée au Paradis. La population islamisée est donc devenue très friande de cette noix qu’on offre aux Imams pendant la cérémonie du mariage dans la mosquée. La présence de la noix de cola se trouve aussi dans les pratiques fétichistes et dans les cultes animistes. Elle intervient comme objet de culte et remplit dans ce contexte une fonction essentiellement médiatrice entre le féticheur et son client, entre la symbolisation et le langage, entre les vivants et les esprits. On a recours à elle pour nourrir les ancêtres totémiques, se protéger du mauvais sort, attirer la chance et la réussite, etc.
Les Baka et les Nso du Cameroun utilisent ce même procédé dans certains rites expiatoires.
Dans leur rite religieux traditionnel « tuuru », les Yoffois du Cap-Vert offrent des noix de cola comme aliments aux génies « rab » qui avaient assisté leurs ancêtres lors d’une bataille épique.

 

 


Références

  • Arbonnier M. Arbres, arbustes et lianes des zones sèches de l’Afrique de l’Ouest. Ed. CIRAD,MNH 2002.
  • Malgras D. Arbres et arbustes guérisseurs du Mali. Ed. Karthala 1992.
  • Pousset JL. Plantes médicinales d’Afrique. Comment les reconnaître et les utiliser ? Ed Edisud 2004.
<>
     
   
Aucun commentaire


LIENS PUBLICITAIRES INDÉPENDANTS

(pourquoi afficher de la publicité ?)

Actualité médicale

du 09/02/2011
< >

Acné, lasers et lumières.

Les techniques de traitements à base de lumières et de lasers plus ou moins associés à des agents photosensibilisants sont variées. Il semble qu'on puisse espérer une amélioration de 25 à 75% des lésions d'acné. Le concept repose sur le fait que, le Propionibacterium acnes, jouant un rôle très /... lire la suite
PUBLICITÉ INDÉPENDANTE (pourquoi afficher de la publicité ?)
 
PUBLICITÉ INDÉPENDANTE (pourquoi afficher de la publicité ?)
© 2003-2012 association Dermaptène